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Ni force ni violence

Ni force ni violence

 

Dévalorisation et réduction de la violence sous toutes ses formes ; alternatives à l’usage de la force ; prévention des situations porteuses de violence.

 

 

J’écrivais il y a encore quelques années : “En Occident, les valeurs mâles, guerrières et tragiques se sont érodées. Se battre et vaincre, affirmer son autorité par la force, détruire l’ennemi par la violence ne constituent plus des objectifs”. Il me semble aujourd’hui que cette dévaluation de la violence comme mode d’action politique était bien fragile. En effet, les différentes guerres d’intervention et de vengeance auxquels se livrent aujourd’hui à nouveau les États-Unis, et la rhétorique de valorisation de la force brutale qui les accompagnent, me montrent que l’Occident n’en a pas encore fini avec la tentation de la violence.
Et pourtant, des progrès ont bien été faits en matière d’autorité, de pouvoir et de violence ; c’est même l’un des terrains sur lequel se manifeste le plus clairement la capacité de l’Occident moderne à inventer la civilisation : aujourd’hui, il n’est plus acceptable en Occident d’user de violence dans les domaines de l’éducation, des rapports de couples, des rapports entre classes sociales et groupes sociaux, etc. En termes de maintient de l’ordre également, les nations industrielles font de leur mieux pour éviter le recours à la violence dans les rapports entre l’état et les citoyens.

Néanmoins :

  1. Ces progrès sont limités à certains domaines. Dans d’autres, l’Occident perpétue sa tradition d’usage de la violence (dans ses guerres d’intervention par exemple) ;
  2. Ces progrès ne sont pas absolus : l’usage de la force reste le mode habituel de comportement dans des domaines aussi divers que l’éducation, la résolution de conflits entre personnes, la police, la justice, nombre d’affaires intérieures. Dans ces domaines, il continue de paraître absurde de prétendre qu’on puisse s’en dispenser complètement.
  3. Ces progrès ne sont pas définitifs. Ils sont constamment menacés par l’illusion tenace selon laquelle la violence doit être opposée à la violence, que la violence peut résoudre un conflit, et que de façon générale la violence puisse aboutir à un quelconque autre résultat qu’une augmentation de la souffrance humaine.

 

En matière de politique comme dans d’autres domaines, la force et la violence sont employées en pensant aboutir à un résultat. Ceci est une illusion. J’en ai parlé ailleurs. Voici quelques arguments complémentaires :

  • La violence ne paie jamais. Elle donne l’illusion de payer parce qu’elle peut procurer ponctuellement une satisfaction immédiate : si je prends ce que je désire par la force, je crois gagner quelque chose parce que j’ai la satisfaction immédiate de posséder ce que je prends. En général, le raisonnement s’arrête là. Mais c’est là dissocier l’acte de violence de son contexte. Si je considère ce contexte (les personnes impliquées, en particulier), l’étendue de ce que j’ai détruit m’apparaît : j’ai détruit de façon durable tout ce que la relation avec autrui pouvait m’apporter, j’ai installé une situation de violence, de menace et d’insécurité. Bref, je me suis mis dans une sale situation, au coeur de laquelle le gain initial se perd comme une goutte d’eau douce dans l’océan.
  • L’histoire de la civilisation, c’est avant tout l’histoire de l’abandon de l’usage de la force. Les questions qui se posaient hier (par exemple sur la validité du châtiment corporel à l’école, ou l’usage de la violence envers les femmes) n’ont plus de sens aujourd’hui dans les sociétés les plus avancées. Je gage que certaines des questions d’aujourd’hui (la validité du recours à la force armée en politique extérieure, par exemple) n’auront pas plus de sens demain dans ces mêmes sociétés.
  • Par ailleurs, Arendt montre que les régimes qui utilisent la violence ont deux caractéristiques :
    1. ils sont désorganisés et dénués de projet global ; ils sont empêtrés dans des objectifs contradictoires et désespérés : on le voit par exemple en analysant la politique américaine au Viêt-Nam, la politique française en Algérie, la politique extérieure du régime nazi, etc.
    2. ils sont illégitimes, au moins en ce qui concerne la situation dans laquelle s’applique la violence. Plus qu’ils se rendent illégitimes en utilisant la violence, les régimes qui y recourent le font toujours là où leur légitimité ne peut plus être défendue par l’argumentation.

 

En ce qui concerne la prévention de la violence (par exemple dans le cas de la lutte contre la criminalité), l’illusion de ce que la violence doit être combattue par la violence s’accompagne de l’illusion que la violence doit être prévenue par la menace. C’est ainsi que des gouvernements utilisent leurs budgets à militariser la vie publique, à renforcer les peines infligées et à construire toujours plus de prisons. Or, comment peut-on croire que le renforcement d’un climat de violence puisse dissiper la violence ? Autant vouloir éteindre un feu en y jetant de l’huile. La violence et la criminalité se combattent en créant des conditions de vie sûres, en assurant la stabilité des ressources, en augmentant le niveau d’éducation, etc.

 

 

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© Copyright 2009 Luc Élias-Kawada  et Jean-François Romang. Ces textes sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons - Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 France. La reproduction et la diffusion sont autorisées, sans modification et à des fins non commerciales.

 

 

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