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Jouir du temps qu'il fait

Jouir du temps qu’il fait

 

En apprenant à aimer la pluie comme le beau temps on apprend à aimer tous les moments de la vie.

 

Pendant mon enfance, j’ai vécu avec une personne dont l’humeur variait en fonction de l’état du ciel. Quand le temps était gris et nuageux, elle s’en plaignait et était colérique et nerveuse. Quand il pleuvait, cette personne ne manquait pas de faire allusion à la pluie en protestant, comme si la pluie était une forme d’injustice personnellement orientée contre elle. En hiver surtout, cette personne insistait sur la brièveté du jour et sur le sentiment de dépression qu’elle y associait. Je savais que quand la météo était mauvaise, le ciel bas, la lumière rare, le temps humide, l’humeur serait noire, la tolérance limitée, la patience courte, et les décisions le plus souvent injustes et arbitraires. Enfant, j’acquis la conviction qu’il existait effectivement un lien entre le temps qu’il faisait et l’humeur des gens, et je suis devenu un adulte pour qui ce lien existait. J’étais, comme cette personne avant moi, soumis aux caprices de la météo.

Ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’il n’en allait pas de même pour tous et que d’autres semblaient n’être en rien affectés par l’état du temps. Plus tard encore, je me suis rendu compte qu’il y a en fait deux types de personnes assez distincts, et que ce n’est pas ce seul détail qui les oppose, mais toute une philosophie de vie. Voilà, il me semble, ce qui les distingue :

 

considère le mauvais temps ou la chaleur comme une circonstance négative, injuste, néfaste pour son travail ou pour ses projets.
considère le mauvais temps ou la chaleur comme une circonstance négative, injuste, néfaste pour son travail ou pour ses projets
pense qu’une expression telle que « la beauté de la pluie » relève du domaine de la poésie.
met son humeur sur le compte de la météo.
tend à mettre ses échecs sur le compte de circonstances extérieures et de la malchance.
tend à l’arbitraire.

 

Dans le bouddhisme zen, on insiste sur la contemplation du temps qu’il fait et sur le fait que quel que soit ce temps, on peut en jouir de pareille façon. « Hier, clair ; aujourd’hui, nuageux », écrit un moine dans son journal, et ces deux événements sont autant l’un que l’autre porteurs du plaisir qu’on peut prendre, sans exaltation, à la contemplation du ciel. C’est en faisant cette expérience que je me suis rendu compte qu’on pouvait agir sur sa nature profonde par le simple fait d’apprendre à « jouir du temps qu’il fait ». En effet, si on est une personne telle que celle décrite dans la colonne de gauche du tableau ci-dessus, cet apprentissage oblige à se positionner dans la colonne de droite. Ce faisant, c’est un complet remaniement de la personnalité qui s’opère.

À tout moment, je prends plaisir à observer :

  • la diversité des ciels : noir, menaçant, bas, couvert, sombre, strié, pommelé, rosé, clair ;
  • la diversité des vents : tempête, orage, tornade, bourrasques, embruns, souffle, brise ;
  • la diversité des pluies : déluge, averse, crachin, bruine, brouillard ;
  • l’apparence de la lune : noyée, voilée, auréolée, rousse, pleine, ronde, couchée, basse, absente ;
  • les sols : craquelés, secs, gelés, humides, trempés, boueux, noyés, inondés ;
  • l’effet sur la végétation : fanée, brunie, jaunie, sèche, indifférente, riante, verdoyante, brillante ;
  • l’effet sur les herbes, les arbres, les feuilles, les fleurs ;
  • la réaction de mon corps : écrasé, trempé, moite, abruti, engourdi, trempé, frissonnant, grelottant, transi, glacé, gourd, douloureux, confortable, délassé.
  • le contraste des saisons : la chaleur présente et le froid glacial de l’hiver dernier, le froid présent et la chaleur écrasante de l’été passé ; la douceur de ce matin et la fraîcheur de ce soir ; été, automne, hiver, printemps.

 

Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord que nous, qui vivons dans des sociétés industrielles, sommes souvent devenus si éloignés de la nature que nous ne supportons plus ses manifestations. Nous n’acceptons même plus qu’il pleuve quand nous avons des chaussures neuves. Jouir du temps qu’il fait, c’est aussi garder à l’esprit que la nature est imprévisible et puissante. Nous n’en sommes pas les maîtres, nous en dépendons.

Cela veut aussi dire que nous laissons trop souvent les circonstances dicter notre humeur. La vie est une douche qui change continuellement de température, c’est inévitable.

 

 

 

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© Copyright 2009 Luc Élias-Kawada  et Jean-François Romang. Ces textes sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons - Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 France. La reproduction et la diffusion sont autorisées, sans modification et à des fins non commerciales.

 

 

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