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Réparer

Réparer

 

 La réparation répare au moins en partie l’erreur ; elle permet aussi de dissiper la culpabilité.

 

L’excuse n’est pas la réparation, mais elle permet de s’en approcher.

D’abord, remarquons que les petits mots ont un pouvoir énorme. Quand une personne qui nous a fait du tort reconnaît ce tort, une grande partie du tort est soulagé. C’est pourquoi, quand quelqu’un est blessé par nos actes ou nos paroles, et ceci qu’elles qu’aient été nos intentions, il est important que nous exprimions clairement que nous avons compris ce qui se passe. Cela permet toujours de soulager la peine, et éventuellement de dissiper des malentendus. Trop de fois en effet nous croyons comprendre, mais en fait nous ne comprenons pas ; trop de fois aussi nous avons compris mais nous donnons à l’autre personne l’impression que nous n’avons pas écouté, pas vu, pas accordé d’importance à la peine, etc. Personne ne peut lire dans nos pensées, et nos actes sont souvent mal interprétés. De temps en temps (pas trop souvent, ce qui finirait par passer pour de l’hypocrisie), il est bon d’exprimer sincèrement qu’on écoute, qu’on cherche à comprendre, qu’on a compris, et qu’on aime. Le moment où un tort a été commis est le bon moment pour le faire.

Pour le psychiatre Takéo Doï, l’excuse a un “pouvoir magique”, et des “excuses sincères aboutissent sans peine à une réconciliation”. Or, beaucoup d’entre nous croient que l’excuse est une faiblesse. Ces personnes-là le croient parce que lorsqu’elles s’excusent, c’est en se renforçant dans leur conviction qu’elles ont raison. Leur manière d’exprimer leurs excuses le manifeste : les excuses sont ostensiblement jetées pour clore le débat. Covey écrit : “Il faut beaucoup de force de caractère pour s’excuser rapidement de tout son coeur plutôt que de tout son mépris”. Mais Doï explique qu’en japonais, les excuses “ne finissent jamais” (sumimasen : “je n’en finirai jamais de vous en être redevable”), d’où leur valeur : elles ne closent pas le débat, et n’effacent en rien la faute : elles marquent au contraire la prise de conscience de la faute par le coupable de cette faute. Bien sûr, la personne qui s’excuse sincèrement se verra parfois dire : “tu penses t’en tirer avec des excuses ?” mais c’est à elle de montrer par la suite que des excuses sincères n’effacent pas la faute en soi, qu’elles marquent au contraire la prise de conscience de la faute et le fait qu’on est prêt à vivre avec cette redevance. C’est pourquoi des excuses répétées n’ont pas de sens, et des excuses sincères s’accompagnent d’une demande de réparation.

 

La réparation permet de se libérer de la culpabilité.

Il est préférable que la réparation soit spontanée, c’est-à-dire qu’elle soit initiée par qui a commis la faute plutôt que réclamée par la personne qui a subi un préjudice. Néanmoins, elle doit être ciblée vers le bien commun : il est inutile, et même préjudiciable à tous, qu’elle aboutisse à un sacrifice. C’est pourquoi il est préférable de la faire précéder d’une demande : “Qu’est-ce qui serait une réparation efficace ?” D’en décider est du ressort de la personne qui a subi le préjudice. Celle-ci peut à son tour se demander : “Qu’est-ce qui serait une réparation efficace et raisonnable ?”

Beaucoup d’entre nous ne veulent pas reconnaître leurs erreurs et pensent en tirer du bénéfice. Mais c’est une illusion. Ne pas reconnaître ses erreurs, c’est :

  • ne pas les corriger et laisser le monde dans un état qui pourrait être amélioré ;
  • ne pas profiter de l’expérience qu’elles apportent : ne rien en apprendre, c’est se livrer immanquablement à les répéter ;
  • ne pas se libérer de la culpabilité qu’elles ne manquent pas de provoquer (cf. introduction à cette semaine).

Si vous ressentez du regret, sachez qu’il est toujours possible de tirer une amélioration des erreurs du passé, même les plus dramatiques. Même la mort accidentelle de quelqu’un peut provoquer des prises de consciences salutaires. Ainsi, un homme responsable d’un dramatique accident d’auto s’est mis à agir pour des alternatives à l’automobile et pour une aide aux familles des victimes des accidents de la route ; une famille milliardaire dont l’enfant est mort d’une maladie grave s’est mise à oeuvrer pour les enfants du monde.

 

La réparation est un principe politique : pas de réparation, pas de paix.

Il est illusoire de vouloir en sortir. L’Allemagne d’après guerre a tenté de réparer les torts immenses fait aux peuples qu’elle a persécutés, et elle doit à cette action une détestation pacifique, c’est-à-dire non pas l’absolution mais une relative tranquillité. L’Amérique a toujours pensé que de libérer les esclaves était en soi une forme de magnanimité et de réparation (un peu comme un voleur qui dirait : “tiens, je te rends ce que je t’ai pris, un peu cassé je te l’accorde, mais restons-en là, d’accord ?”). C’est ce qui lui vaut une grande partie de son problème social et de sa criminalité. Si elle pense qu’après cent soixante ans, réparer serait inutile ou ridicule, c’est un prétexte pour ne pas le faire. Je ne parle pas d’affirmative action mais de réparation financière et matérielle à la mesure du préjudice que représente la déportation de millions de personnes et leur utilisation non salariée pendant deux siècles (sans même parler de la brutalité et de l’assassinat). L’Amérique refuse de se rendre compte du bénéfice énorme qu’elle aurait à tirer de cette réparation ; et pourtant, j’ai le sentiment qu’elle ne peut y échapper et qu’elle y viendra un jour.

 

 

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© Copyright 2009 Luc Élias-Kawada  et Jean-François Romang. Ces textes sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons – Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La reproduction et la diffusion sont autorisées, sans modification et à des fins non commerciales.

 

 

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